












Je pars de photographies personnelles, supports
d'une mémoire de l'instant, prises lors de voyages
ou de vie quotidienne, que je sélectionne, agrandis
et reproduis par le dessin au stylo bic. Je déplace
par le dessin, l'échelle, le cadrage, des scènes
apparement banales de la vie courante.
La trace du quotidien se fait par le stylo bic, outil banal,
usuel, presque bureautique, dans une forme de radicalité
pauvre. Les images proposées sont données à voir
sous forme de séquences, morcelées, formant des unités
narratives. Les plans se découpent, applatis
pour mieux s'associer ou se dissocier dans l'espace
d'accrochage. J'observe ainsi le flou et la distance
qui se creusent entre une séquence vécue
et la proposition de transcription par le dessin
qui la représente. C'est une expérience de confrontation
qui interroge le rapport à l'autre, l'appréhension
de l'inconnu. Comment nous recrééons des histoires
à partir de fragments. Ce travail s'inscrit par-là
dans des rapports aux médias, aux résistances
des images et à l'imaginaire collectif. Ce que Freud
appelle la mémoire involontaire, ce bagage culturelle
qui inscrit toute création dans une filiation automatique.
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Starting from personal photographs, media of a very
moment's memory, taken during trips or daily life,
I select, enlarged and reproduce by drawing them
with ballpoint pens. By the drawing, the scale,
the framing, I move the apparently mundane scenes
of everyday life. The bic pen, banal, usual tool,
almost office automation, is the track of the everyday
life in a form of radical poverty. The drawings are available
data to see as sequences, fragmented, forming narrative
units. The plans are cut, flattened better to be associated
or dissociated into the showroom. I observe the blurs
and the distances that are growing between a sequence
really experienced and the proposed drawing transcription
that represents it. It is an experience of confrontation
which questions the relationship to the other,
the apprehension of the unknown. How we recreate stories
from fragments. This work is thereby linked with the media,
the resistance of the images and with imagination.
What Freud calls “involuntary memory”, this cultural
background which includes every creation in
an automatic parentage.
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